La fondation Rainbow Bridge engage des actions
de solidarité à destination des femmes et des enfants.


Souvenirs

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Le souvenir est chose douce, il apporte une fraîcheur à l’âme aride, il enveloppe le cœur d’une caresse qui berce et apaise, il couronne le front de sérénité.

Le souvenir est chose pieuse, il est un autel élevé dans le sanctuaire intime où la fidélité apporte sa quotidienne offrande. Il fait que quelque chose des pauvres absents s’associe à nos œuvres, survit et continue d’agir, il fait que nous sommes un peu ce qu’ils furent.

Le souvenir est chose bénie, il évoque, idéalisés, les chers visages qui nous suivent dans notre carrière d’ici-bas, qui nous sourient et nous rassurent par leur présence. Leur pensée veille en nous et nous est une sauvegarde; elle pose une lumière sur notre chemin et une bienveillance dans nos cœurs. Leur exemple nous est une exhortation, il éclaircit et élève pour nous la notion du devoir.

Le souvenir est chose pure, il nous pénètre d’une grâce spirituelle, il met une pudeur dans nos pensées, un respect dans nos paroles, une gravité dans nos actes, il répand une majesté et un recueillement.

Le souvenir est chose généreuse, il nous fait détacher de nos préoccupations personnelles, il nous emporte par delà les griefs, les impatiences et les étroitesses, et nous fait entrer dans la dignité de l’esprit.

Le souvenir est chose puissante, il est l’invisible nœud qui lie les unes aux autres les générations qui se succèdent, il nous marque du sceau sacré des responsabilités solidaires, et ainsi nous fait veiller à ce que le flambeau allumé se transmette et ne s’éteigne point.

Le souvenir est chose sainte, il nous élève au-dessus du temps et de l’espace, il nous rend égaux devant l’éternité.

Le souvenir est un enseignement de sagesse et un message d’amour. En veillant sur la mémoire des chers disparus, nous veillons sur le meilleur de notre pensée ; jamais nous ne sommes plus près du vrai nous même que lorsque nous sommes près d’eux. De les avoir connus et de les avoir aimés nous est une élévation. Le souvenir secoue la poussière du tombeau, le culte des regrets est un rachat du sépulcre : la vraie mort, c’est l’oubli. A l’heure suprême, ce leur fut une consolation de s’endormir sur l’assurance d’avoir été mieux que de simples passants, puisqu’ils devaient trouver le bon asile de notre cœur qui se remémore et qui s’enchante du nom aimé comme d’une bénédiction. Et puis, le souvenir, en nous rendant plus saisissantes la brièveté des jours et la soudaineté des séparations, nous rappelle que le temps nous est mesuré pour faire le bonheur de ceux que nous chérissons, qu’un moment viendra où nous nous reprocherons de ne les avoir point suffisamment aimés. Donc, hâtons-nous d’envelopper de tendresse tous ceux qui sont chers à notre cœur, ne négligeons à leur égard aucune occasion de bonté et de dévouement : la mort peut nous les enlever d’un instant à l’autre.

Un même cri nous arrive de ceux qui ont franchi le pas de lumière : « Travaillez à vous rendre meilleurs et à faire autour de vous la vie plus haute, plus douce et plus belle ».


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